Mo la courageuse
ou le combat contre l'araignée de la salle de bain . . .
C'était un matin paisible, calme, un matin semblable à tant d'autres: je me levais à 9h avec l'objectif de réviser l'histoire et la géographie, une fois que j'aurais engloutit mon petit déjeuner et pris ma douche. Tout se passait pour le mieux. Je dégustais mon petit déjeuner tranquillement, et une fois celui ci terminé, me diraigeais vers la salle de bain. Je me prépérais pour prendre ma douche (entendez ici, se déshabiller), fredonnant une chanson d'Edit Piaf et entrais dans l'espace confiné recouvert de carrelage et fermé d'un rideau de douche rose. Je tournais le robinet et un filet d'eau commençait à apparaître. Je fredonnais toujours "Il me dit des mots d'aamooouuur, des mots de tous les joooouuuuurs" quand mon regard se posa sur une tarentule énorme, postée sur le plafond, à quelques centimètres de moi. Elle faisait au moins 4 centimètres, pattes déployées. La terreur m'envahit, tandis que l'eau trop chaude me brûlait les pieds. Tout en ne la lachant pas des yeux au cas où elle déciderait de se jetter sur moi, je réglais la température de l'eau quand tout à coup, une de ses pattes bougea... Sous l'effet de la panique, je recula brusquement, mon pied glissa mais je réussi à m'agripper au robinet, m'évitant ainsi une chute des plus désagréables. Je regardais toujours la bête et les mots sages de ma mère me revinrent en tête: "Morgane, les petites bêtes ne mangent pas les grosses". Ouf! me voila sauvée... seulement la crainte que cette infâme animal me tombe dessus au moment où je me laverai tranquillement, elle, ne disparaîssait nullement. Armée du pommeau de douche et d'une bouteille de shampoing Head and Shoulders Citrus Fresh, je décidais courageusement d'affronter mon adversaire. Oubliant ma crainte pendant quelques secondes, je dirige le jet d'eau vers l'araignée: celle ci s'affole, recule en titubant et se replie quelques pas plus loin... Mais c'est encore trop prêt. Je réitère l'opération et l'effet produit est le même, sauf que l'araignée semble ne pas réussir à se stabiliser: une patte se décolle du plafond, puis une autre, puis une autre, puis une autre... jusqu'à ce que plus rien ne l'aide à résister à la gravité. Newton aura raison de sa situation, puisque l'horrible monstre tombe à deux pas de mon pied droit. La réaction est immédiate: je sautille sur place comme une puce, faisant gicler de l'eau partout sur les murs et sur le rideau. L'araignée commence à se noyer mais reste en vie. Constatant le ridicule de ma réaction, j'arrête de m'agiter et attends, tétanisée, dans le coin de ma douche. L'araignée est là, essayant de se débattre contre les vagues agitées qui la plaquent contre la paroi de carrelage. Et là l'idée me vient: l'empoisonnement. Je décide alors de me laver les cheveux, tout comme je l'avais prévu. L'eau à présent pleine de mousse, je savoure ma presque victoire. Je termine de me laver et sors. Je m'habille, me brosse les dents et me retourne vers l'adversaire vaincu. L'araignée est en train de sortir de la douche, mais la peur ne m'envahit pas. Sur de moi, puisque arborant un jean et un t-shirt je m'approche d'elle et la regarde les yeux dans ses 8 yeux, et lui dit d'une voix grave: "Je te laisse la vie sauve, mais la prochaine fois, tu t'expliquera avec la chaussure..."